Etape 10 : Les aspects juridiques / Etape 1 : Former | se former ou recruter / Etape 2 : S'informer / Etape 3 : Prospecter / Etape 4 : Communiquer / Etape 5 : S'implanter / Etape 6 : Vendre / Etape 7 : Payer et être payé / Etape 8 : Financer - se faire financer / Etape 9 : Logistique internationale | Réglementations douanières et fiscalité

Le droit international est un domaine particulièrement complexe et nous ne prétendons pas ici faire un exposé détaillé de tout ce qu'il comporte.

Néanmoins, il faut savoir que quatre familles de systèmes juridiques cohabitent.
- le droit romano-germanique dont nous dépendons,
- le droit anglo-saxon,
- le droit à dominante religieuse (dont dépend l'Asie principalement et les pays musulmans)
- le droit des pays de l'Europe centrale et Orientale (Russie et autre pays de l'Est) lesquels toutefois, à l'aube de l'élargissement, sont impliqués dans des accords d'association en vue de rendre leur législation conforme au droit communautaire.

Ensuite, il faut savoir que le droit international est principalement régi par des conventions internationales qui sont bilatérales lorsqu'elles sont conclues entre deux États ou entre un État et une organisation internationale, et multilatérales lorsqu'elles sont signées entre plusieurs États.

Lors de l'établissement du contrat de vente que vous confierez le plus souvent à un Cabinet d'Avocats spécialisé dans le domaine, il faudra déjà désigner le droit applicable au contrat puisque celui-ci va concerner deux entités de pays différents et ce droit devra être indiqué au contrat. Le droit choisi par les parties sous le conseil d'un avocat spécialisé peut être tiers afin de garantir toute la neutralité de l'opération objet du contrat. A défaut, on peut simplement indiquer la convention qui régira les accords et permettra dans un second temps de déterminer le droit applicable (convention de Rome).

Dans les relations commerciales internationales, de nombreux conflits peuvent naître entre acheteurs et vendeurs en ce qui concerne la conformité des produits, la responsabilité civile des produits défectueux (voir rédactionnel "Responsabilité du fait de produits défectueux"), le non respect des délais, des garanties… plusieurs solutions sont alors proposées.

Conciliation, médiation, expertise, sentence d'accord parties, afin d'éviter un recours à la justice et aux tribunaux qui implique souvent une procédure longue, complexe et coûteuse.

Néanmoins, le recours que les professionnels choisissent le plus est l'arbitrage. Celui-ci, en effet, est fréquemment utilisé dans le cas de litiges internationaux. Il sera "ad hoc" si les parties sont décidées à trouver une solution institutionnelle au conflit en désignant par exemple la Chambre de Commerce Internationale pour régler l'éventuel litige pouvant subvenir dans leurs relations commerciales.

Dans tous les cas l'arbitrage est la meilleure solution par sa neutralité (lieu tiers), son impartialité (arbitres étrangers aux deux nationalités en présence), sa confidentialité (nombre restreint d'accès au dossier) et son efficacité (pas d'appels ou pourvois en cassation, sentences adaptées - convention de New York en cas de contraintes). Enfin, l'arbitrage permet parfois aux deux parties de continuer des relations commerciales après le règlement du litige.

Il faudra ensuite intégrer l'harmonisation des règles de la vente internationale telles qu'elles sont établies suivant la convention de Vienne, ainsi que d'autres éléments qui contribuent à cette harmonisation dont les Incoterms; lesquels précisent les conditions relatives aux risques et aux frais supportés par l'acheteur, les techniques de paiement ( voir étape 7 : Payer et être payé ) et les transports internationaux, la responsabilité des produits défectueux telle qu'elle est établie par la réglementation communautaire.

L'accord sera préparé en deux temps ; une offre commerciale qui devra être ferme, précise et personnalisée (adressée à des personnes déterminées) et qui sera accompagnée ou suivie d'une facture pro-forma, les conditions de vente à l'exportation seront également précisées.

L'accord pourra alors être conclu et l'exécution des obligations qui incombent aux parties devra être respectée suivant les termes du contrat.

Nous avons abordé la notion de contrat de vente et des méthodes visant à la faire respecter mais nous n'avons pas encore abordé la notion de protection des produits, du savoir faire et des marques. Pour les premiers il faudra déposer un brevet visant à protéger la nouveauté. Pour le dernier, seul un dépôt de marque suffira, c'est le moins coûteux mais il ne faut jamais le négliger. Ces deux opérations se traitent auprès de l'INPI.

Conseil de l'expert : « Un constat dramatique : hélas, c'est une évidence, il n'existe pas encore de "Droit International" reconnu de manière universelle de par le monde. Pis, mais c'est encore une évidence, le Droit du plus fort est toujours le meilleur… Il est donc INDISPENSABLE de stipuler dans tout contrat le droit auquel vous vous référez et la juridiction chargée de le faire appliquer. Vous gagnerez au moins un temps précieux à pouvoir affirmer vous-même le cas échéant le tribunal compétent pour juger un différend. Vous pourrez peut-être l'éviter aisément par simple manœuvre d'intimidation.
"Paroles, paroles" : ne pas négliger le fait que pour certains pays l'absence de contrat est une longue tradition. Cas du Japon en particulier… Dans ce cas des calendriers d'actions à prévoir, échangés fréquemment, peuvent suppléer utilement ce que vos partenaires n'ont pas envie de "signer" ou de "sceller". » interrogez l'expert