Cela peut paraître paradoxal mais un retour se prépare
longtemps à l'avance. La réinsertion professionnelle
même si elle est stipulée dans le contrat de travail
ne coule pas de source.
Il faudra avoir un contact fréquent avec le gestionnaire
des ressources humaines pour préparer le retour et s'assurer
qu'un poste intéressant sera disponible. Le parrainage permet
de garder le lien avec le siège et de suivre les changements
en cours. Autre réalité dont il vaut mieux être conscient
: vous avez fait preuve de sens des responsabilités, jouissiez
d'une autonomie certaine. Un retour au siège vous obligera
à « rentrer dans le moule » et personne ne sera
anxieux de partager avec vous votre expérience. Les employeurs,
conscients de ces difficultés, limitent généralement
la durée de l'expatriation à 5 ans (un séjour
de 3 à 5 ans étant considéré comme le
plus performant) et essaient de mettre en place un plan de carrière
qui prenne en compte ces expériences et en reconnaisse l'apport. De façon plus pratique, revenir en France signifie aussi
se soumettre à un certain nombre de formalités que
ce soit dans le pays d’affectation ou en France.
1. Avant le départ de l’étranger,
Se
préoccuper en temps utile du déménagement
et des formalités afférentes : demande de 2 ou 3
devis, inventaire détaillé, attestation de changement
de résidence , quitus fiscal local . Le déménageur
retenu ainsi que le consulat pourront utilement vous conseiller.
Se
préoccuper en temps utile de l’inscription des enfants
dans les écoles françaises. Consulter le site web
du Ministère de l’Education : www.education.gouv.fr.
Si pour la maternelle ou l’enseignement primaire, il suffit
de s’adresser à la mairie du lieu de résidence
en France, l’inscription dans le secondaire ou à
l’université requiert quelques recherches. Prendre
contact dès le second trimestre de l’année
scolaire en cours avec le service de la scolarité du rectorat
de l’académie de la ville dans laquelle vous devez
résider pour une inscription dans le secondaire. Pour l’enseignement
universitaire, une pré-inscription doit être effectuée
au mois de décembre de l ‘année précédant
la rentrée universitaire. Là aussi, consulter le
site du ministère et se renseigner auprès du consulat
français.
Faire
procéder à la radiation de l’immatriculation
consulaire et à celle du centre de vote à l’étranger.
De
même notifiez les organismes locaux de votre retour sur
la France si vous étiez affilié localement et aviez
le statut d’expatrié au sens de la Sécurité
sociale française. Indiquez votre nouvelle adresse. Dans
l’E.E.E, procurez-vous avant votre retour auprès
des caisses d’affiliation locales les divers formulaires
requis attestant les périodes d’assurance accomplies
dont le formulaire E 301 « Attestation concernant les périodes
à prendre en compte pour l’octroi des prestations
de chômage » attestant vos droits. Consultez le Livret
du Français à l’étranger édité
par la MFE et accessible sur internet et le site du CLEISS (Centre
de Liaisons Européennes et Internationales de Sécurité
Sociale) pour tout renseignement complémentaire.
2. Au retour en France.
Faire
pratiquer pour l’ensemble de la famille un bilan de santé
par des spécialistes permettant de s’assurer que
l’on ne revient pas avec une maladie "exotique".
Faire
le nécessaire auprès des organismes sociaux français.
Si vous étiez détaché au sens de la Sécurité
Sociale française pendant votre séjour à
l’étranger, pas de changement. Les prévenir
de votre retour et donner votre nouvelle adresse. Il n’y
a pas de rupture ni de délai de carence. Si vous étiez
expatrié au sens de la Sécurité Sociale française
et revenez d’un pays de l’E.E.E, reprise sans délai
de carence des droits aux prestations en nature et en espèces
auxquelles l’expatrié a contribué dans le
pays étranger sur présentation des formulaires requis(voir
ci-dessus). Si vous revenez d’un pays hors E.E.E et adhériez
à l’assurance volontaire (CFE), vous bénéficiez
dès votre affiliation à la Caisse Primaire d’Assurance
maladie (CPAM) de votre domicile en France des prestations et
ce sans délai. Sans adhésion à l’assurance
volontaire, l’ouverture des droits aux prestations sociales
en France sera soumise à une période de stage sauf
si vous revenez d’un pays lié par une convention
de Sécurité Sociale. Selon les conventions, il y
aura ou pas délai de carence. Il est donc important de
se renseigner auprès du CLEISS sur le contenu des conventions.
En
ce qui concerne la fiscalité, les modalités seront
différentes selon votre précédent statut
fiscal (résident ou non-résident fiscal) français.
Vous devrez bien sûr remplir dans les délais habituels
votre déclaration de revenus. Si vous perceviez des revenus
de source française pendant votre séjour à
l’étranger déclarés au Centre des Impôts
des Non-Résidents , leur envoyer votre déclaration
en mentionnant votre nouvelle adresse en France. Votre dossier
sera transmis au centre des impôts dont vous dépendrez
.Sinon, envoyer directement votre déclaration au centre
des impôts dont dépend votre domicile en indiquant
votre nouvelle adresse.
Tous
les organismes contactés au départ devront être
informés de votre retour. Que ce soit votre assureur, les
services (EDF-GDF, France Télécom etc. ) votre banque.
Vous aurez à refaire un audit patrimonial car votre statut
fiscal risque de changer : de non-résident, vous redevenez
résident. Votre compte bancaire redeviendra un compte de
résident et les placements devront être revus. Ce
sera peut-être aussi l’occasion de considérer
un investissement immobilier.
Ce sera la redécouverte de votre pays d’origine. Certaines
choses et façons de faire peuvent avoir changé en
votre absence mais vous avez un grand avantage sur l’étranger
qui vient travailler en France. La langue vous est familière
et vous saurez toujours vous faire comprendre….. |