Points forts et perspectives
L’économie financière tendant à s’internationaliser, une gestion dynamique
d’un portefeuille de valeurs mobilières se doit de considérer des placements
directs ou indirects dans les pays dits émergents ou à forte croissance.
Le Maroc en fait partie. Plusieurs paramètres le prouvent.
La place de Casablanca bénéficie d’une opinion favorable de la part des principales
institutions spécialisées sur les marchés émergents (Merril Lynch, Lehman Brother,...).
La bourse de Casablanca connaît deux à quatre introductions en bourse par mois,
un programme de privatisations qui continue sur sa lancée ( la Banque Populaire
et la Royal Air Maroc sont sur la liste). La démonopolisation suit le mouvement
(l’Office National d’Electricité, entre autres, a ouvert ses portes aux investisseurs
nationaux et étrangers).
Quels sont les éléments qui plaident en faveur du Maroc ? Au Maroc, le fameux
rapport risque/rendement est exceptionnel. Il est parmi les tout premiers au
monde.
Sa dette extérieure (21 milliards de dollars) cote sur le marché secondaire
à 90 %, ce qui le classe à la tête de sa catégorie parmi les pays émergents.
L’investissement direct des grands groupes internationaux a connu une nette
progression durant ces derniers mois : SGS Thomson injecte près de 500 millions
de dollars dans l’extension de ses usines ; Daewoo, un milliard de dollars en
deux tranches dans le tourisme, l’électronique et le transport ; Décathlon,
un milliard de FF pour installer deux sites de production et de distribution
; ABB-CMS, 1,6 milliard de dollars dans le projet de Jorf Lasfar ; Corral Petroleum
Holding, 400 millions de dollars dans le raffinage pétrolier. Et la Barclay’s
Bank recommence à s’intéresser au financement de l’infrastructure marocaine
(port de Tanger). " C’est la baisse du risque Maroc à la Banque d’Angleterre
qui redonne à la Barclay’s un intérêt pour retravailler avec le Maroc ",
a expliqué le président de la banque, Andrew Buxton.
Plus que les investissements en portefeuille (pourtant conséquents), tous ces
investissements directs reflètent la santé de l’économie marocaine.
Points forts et perspectives
Une position géostratégique idéale
Situé à l’extrémité Nord-Ouest du continent africain et à 15 km de l’Europe
par le Détroit de Gibraltar, le Maroc est un véritable carrefour entre l’Europe,
l’Afrique et le Monde Arabe.
- superficie : 710 850 km² et plus de 3 400 km de côtes sur l’Atlantique
et la Méditerranée
- climat : tempéré
- population : 28 millions d’habitants dont 10 millions environ constituent
la population active
- monnaie : Dirham (MAD) (1 USD = 9,65 MAD ; 1 FRF = 1,65 MAD / octobre 1997)
- langues : Arabe (langue officielle), Français, Espagnol, Anglais
- ressources naturelles diversifiées : minières (phosphates, minerais métalliques,
etc.), halieutiques, terres arables, etc.
- capitale : Rabat
- capitale économique : Casablanca
Accords économiques internationaux
Le Maroc est signataire de nombreux accords bilatéraux et multilatéraux : accord
d’association avec l’Union européenne ; nombreuses conventions bilatérales de
non-double imposition ; accords bilatéraux de coopération.
Il est également membre de l’Agence Multilatérale de Garantie des Investissements
(MIGA), du CIRDI.
L’importance reconnue par les instances internationales du rôle de leader régional
(ou ponctuellement de médiateur en cas de crise) assure au Maroc une coopération
forte dans les échanges euro- méditerranéens.
En effet, l’accord de libre-échange signé en février 1996 avec l’Union européenne
assure au Maroc la certitude d’être un partenaire commercial très important
dans les futurs échanges euro- méditerranéens.
Partenariat favorisé par les nombreuses et très importantes "lignes financières"
mises à la disposition du Maroc tant sur le plan "multinational" que
"bilatéral" et notamment par la France.
Un système financier moderne et totalement ouvert
au capital étranger
- Un marché bancaire moderne et performant qui voit se développer de nouveaux
produits financiers
- un système de change libéralisé
- la libre convertibilité du dirham
- la modernisation de la Bourse des Valeurs de Casablanca
- la garantie accordée sur les transferts tant au titre des plus-values que
des dividendes ou des cessions de capital
- les accords bilatéraux permettant aux investisseurs d’éviter une double
imposition
- le démantèlement de la loi de "marocanisation"
Un programme de privatisation très dynamique, ouvert
au capital étranger
- Avril 1993 : première opération avec la privatisation de la CTM-LN (Compagnie
de Transport Marocain - Lignes Nationales)
- 45 opérations réalisées au 30 septembre 1996 : 27 sociétés et 18 unités
hôtelières
- la participation du capital étranger aux privatisations réalisées s’élève
à 37 %
Le programme de privatisations s’accélère et encourage vraisemblablement, sur
le plan interne, l’augmentation du taux d’épargne, et sur le plan externe, la
pénétration d’investisseurs étrangers diversifiés.
Un cadre incitatif : la charte de l'investissement
Elle prévoit des mesures très incitatives à l’investissement :
- simplification et allégement des procédures administratives
- garantie de transferts des bénéfices et des produits de cession, y compris
les plus-values
- allégement du coût de l’investissement et de la charge fiscale
- régime préférentiel en faveur des entreprises exportatrices
- régime de contrats d’investissement prévoyant des avantages additionnels
Cette charte unique de l’investissement assure (contrairement aux différents
codes précédemment en vigueur) :
- la généralisation à tous les secteurs économiques
- l’homogénéisation (plus de zones locales)
Des opportunités d'investissement dans des secteurs
d'activité économique diversifiés
Les firmes étrangères ont investi 1,2 milliard de dollars en 1997 au Maroc.
Un record pour ce pays du Maghreb, qui compte sur des performances identiques
pour 1998 et 1999.
Les opportunités sont nombreuses dans ce pays de plus de 27 millions d’habitants.
En ce qui concerne les privatisations, après le raffinage et l’électricité,
1998 sera l’année des télécommunications.
A cela s’ajoute l’installation d’un deuxième réseau GSM et 2 800 kilomètres
de câbles en fibre optique. L’Office National des Postes et Télécommunications
investira cette année 267 millions de dollars.
Les groupes internationaux sont les premiers intéressés mais d’importantes
PME de la sous-traitance ont des opportunités.
Pour les concessions, l’une des grandes réalisations concernera la création
de deux zones industrielles (356 hectares) à Casablanca et à Tanger, dont le
seul coût d’équipement atteindra les 200 millions de dollars.
L'industrie, un secteur porteur
Le secteur industriel constitue un des piliers de l’économie marocaine et offre,
de par ses potentialités, d’importantes possibilités d’investissement direct,
de joint venture et d’opérations de sous-traitance.
Au titre de l’année 1995, la production industrielle s’est établie à 130 milliards
de dirhams, réalisée par 6 259 établissements qui emploient 454 000 personnes.
Les entreprises à participation étrangère (17 % du total) contribuent pour
30 % à la production industrielle.
Le secteur industriel représente 70 % des exportations totales du Maroc (soit
32 milliards de dirhams).
Les branches qui participent le plus à l’exportation sont la chimie et la parachimie
avec 25 %, l’habillement avec 23 %, les industries alimentaires avec 18 % et
le textile avec 15 %.
En 1998, le secteur industriel verra se concrétiser de grands projets d’investissements
privés. Et ce dans les principaux domaines d’activité du Maroc que sont le textile
(40 % des effectifs du total de l’industrie de transformation), les matières
premières (le Maroc est le premier exportateur mondial de phosphates), l’énergie
(hydro-électricité) et l’agro-alimentaire.
Le groupe SGS-Thomson qui dispose déjà de deux unités d’assemblage de puces
près de Casablanca, envisage d’en créer une troisième d’ici à mi-1999. Un projet
de 300 millions de dollars et plus de 3000 emplois à terme.
De nombreux autres investisseurs étrangers se sont installés au Maroc, et ce
dans divers domaines.
Une modernisation en profondeur du cadre juridique
de l'entreprise
- nouveau code de commerce
- nouvelles lois sur les sociétés
- charte de l’investissement
- loi relative à la création des tribunaux de commerce
- loi sur la propriété intellectuelle
- loi sur la concurrence et les prix
Le marché de l'emploi
- un code du travail rénové et libéral
- une main-d’œuvre jeune, qualifiée et peu onéreuse
- des programmes de formation professionnelle adaptés aux besoins des entreprises
Abdel Hakim Gasmi
Directeur Général Adjoint
BMCE Bank